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LE MONDE DE L'ÉDUCATION



Loi sur l'instruction publique

 


 

Le texte qui suit est tiré de notre «Guide de sensibilisation destiné aux enseignants»

 

CHAPITRE 1

L'intégration scolaire, état de la situation.

Depuis plus de soixante ans, il existe des mouvements qui visent à développer le potentiel des personnes ayant une déficience physique ou intellectuelle et qui espèrent les intégrer dans la société. En 1996, le travail continu, car il n'y a rien d'acquis dans cette démarche: L'intégration scolaire demeure une question individuelle et non collective.

Dans les années '30, on assiste à la création des institutions et des classes spéciales. Celles-ci se donnaient comme but d'offrir a la personne handicapée des moyens afin qu'elle puisse intégrer plus facilement la société, objectif très légitime et avant-gardiste pour cette époque puisque la population en général entretenait une opinion très conservatrice, voir même discriminatoire envers les personnes ayant une différence marquée. Plus près de nous, le mouvement de normalisation prend forme. Les personnes handicapées seront dorénavant perçues comme des gens ayant un potentiel mais avec certaines limites. Il s'agira des lors de développer celui-ci afin qu'elles s'intègrent le plus normalement possible dans leur milieu de vie. Malgré quelques réussites, l'institution et l'école spéciale restent les lieux privilégiés pour répondre aux besoins de ces personnes. Les raisons pour lesquelles les milieux ségrégués demeurent la préférence de la famille, sont multiples: les parents sont sécurisés, les personnes reçoivent un enseignement particulier, on leurs assurent un suivi médical plus ponctuel et un apprentissage de certaines tâches de travail en atelier protégé. Tout cela est très admissible pour les années '30 mais cela demeurait occupationnel, alors que le potentiel humain et l'autonomie de la personne n'étaient pas développes à son maximum.

A La fin des années 50, dans différents pays, et le Québec ne s'exclue pas de la démarche, s'amorce la revendication de certains droits sociaux, entres autres le droit a l'éducation concernant particulièrement les enfants avec des difficultés à intégrer l'école régulière. Dès lors, on conteste les classes spéciales car les groupes ségrégués désavantagent les personnes aux prises avec une déficience. Nous sommes désormais résolus à ce que toute personne présentant n'importe quelle type de déficience développe plus rapidement son potentiel et adhère à des comportements acceptables lorsqu'elle participe à des activités intégrantes.

Ce n'est que vers la fin des années '60 que le Québec s'engage véritablement dans un tournant. Les revendications décrites plus haut s'exercent pour une refonte de l'éducation. Les années 78-79 seront celles d'énoncés politiques importants pour l'école québécoise: politiques d'adaptation scolaire pour les élèves ayant des troubles d'apprentissages et de l'intégration scolaire des élèves handicapés. II y est démontre que le Québec donnera aux élèves l'accès à une éducation de qualité dans le cadre le plus normal possible. C'est dans ce contexte que le Québec est lui aussi entre dans l'ère de l'intégration scolaire, plus lentement pour les élèves vivant avec une déficience que pour ceux ayant des difficultés d'apprentissage et avec une différence marquée selon les déficiences et les régions.

Le secteur de l'adaptation scolaire est loin de faire l'unanimité dans ce vaste système qu'est l'éducation. Dans les dernières années, la recherche de la performance et les limites financières sont autant d'obstacles à la progression de l'intégration scolaire.

Celle-ci ne s'effectue pas sans difficultés.

Pendant que les parents s'investissent à promouvoir l'intégration de leurs enfants handicapés, d'autres entreprennent des démarches afin que l'école publique soit plus ''sélective" et plus "compétitive''. L'école se retrouve donc confrontée à l'intérieur de débats justifiés. Elle est contrainte d'ajuster ses objectifs en regard des décisions économiques et des valeurs véhiculées par la population en général. Néanmoins, en établissant l'hypothèse que "le meilleur moment pour changer les valeurs et les attitudes à l'égard des différences est sûrement sur les bancs de l'école", la collectivité n'en sortira que grandie. Sans oublier que tous on droit à une éducation tout en actualisant l'enseignement.

On dit souvent de l'école qu'elle est le reflet des valeurs d'une société, les attentes face à cette dernière sont multiples. Depuis quelques années, le milieu de l'éducation a dû s'adapter et chercher de nouvelles façons d'accueillir les élèves handicapés ou en difficultés. L'école doit aussi faire face à l'intégration de nouvelles cultures et à des conditions économiques fluctuantes. Ces transformations ne vont pas sans provoquer quelques résistances.

L'une des résistances significatives à l'intégration scolaire est, sans aucun doute, rattachée au facteur économique, puisque déjà, les compressions budgétaires annoncées récemment et destinées principalement aux ministères de la Santé et des Services Sociaux et de l'Éducation, nous permettent d'envisager que certains services consacrés aux personnes handicapées en seront affectés.

Un avis, publié en juin 1991 par le Conseil des affaires sociales du Québec sur le chômage, cite une étude américaine (applicable au Québec). L'étude démontre que chaque dollar investi dans l'éducation et la réadaptation scolaire permet d'économiser dans les années suivantes 13.38 $ en soins de santé, 4.75 $ en éducation ou coûts de détention et 6.$ en frais de redoublement scolaire''.

Source: Publié dans le journal La presse, juin 1991

Il est vrai que notre société doit faire des choix difficiles et déchirants afin de réduire les dettes publiques, mais faut-il pour autant rétrograder dans nos décisions politiques et sociales? Ces choix ont contribué non seulement à l'intégration sociale des personnes handicapées, mais également à réaliser des économies énormes. Pensons seulement à tout le chemin parcouru en désinstitutionalisant plusieurs services rattachés aux personnes ayant une déficience. Cette action était un choix fondé car, elle correspondait a des attentes et au moyen pour atteindre des objectifs reliés à l'intégration sociale et normalisante des individus.

II faut donc croire que l'intégration des personnes handicapées peut réduire sensiblement les coûts engendrés par une telle politique. Sans compter, que la personne vivant dans un cadre de vie normalisant, développe plus facilement son potentiel, a des comportements sociaux plus qu'acceptables, prends moins de médicaments et peut également apporter une productivité non négligeable, sur un poste de travail, ce qui lui permettrait de participer activement au profit de l'entreprise. Et sans compter que l'accessibilité universelle des locaux ou lieux de travail servent à tous. Voila un simple résumé de ce que la personne handicapée peut apporter comme contribution à sa communauté.

D'autres obstacles s'imposent à l'intégration en classe régulière, comme la démarche d'évaluation centrée sur l'handicap et les incapacités des enfants, la non reconnaissance des parents tant dans leur expertise et de leur implication se lient aux résistances des infrastructures scolaires, aux craintes et aux préjugés. Le manque de formation et d'information des enseignants du milieu régulier, la méconnaissance des services de soutien, les difficultés attribuées aux modifications dans les définitions des tâches et la charge de travail des pédagogues ainsi que celles liées à l'ajout de nouveau personnel la nécessité de voir refléter ces changements dans les conventions collectives sont autant de réticences qui peuvent être comblées si la commission scolaire, les directions d'école et les enseignants sont réceptifs au changement, à l'information et à l'aide que plusieurs institutions et organismes peuvent leur apporter concernant l'intégration des enfants ayant une déficience.

L'intégration scolaire...C'est une philosophie, une façon de voir.

Nous parlons de l'intégration scolaire de la personne handicapée depuis au-delà de quarante ans et il y a, encore aujourd'hui, chez certains dirigeants de commissions scolaires et de directions d'école, des réticences. Nous croyons que cela est dû principalement à la méconnaissance des personnes handicapées et de leurs possibilités. Le second facteur serait relié, possiblement, dans plusieurs situations, a la difficulté d'accepter et de comprendre les différences existantes entre les individus. Par ce document, nous allons apprendre, à nous sensibiliser et faire un rapprochement entre nous et la personne handicapée.

Nous croyons que l'une des choses importante serait de reconnaître à l'enfant et à la famille le droit de s'exprimer sur ce qu'il désire réaliser. Pour plusieurs, il est relativement facile de s'intégrer dans tout milieu. Certains pensent que l'intégration ne se fera que progressivement, alors que d'autres affirment que toute démarche sera sûrement infranchissable. L'intégration normalisante est possible, car elle peut prendre plusieurs formes.

Nous vous invitons à découvrir les deux exemples de réussite qui suivent. Maria, six ans, est assise parmi ses amis. Ensemble, ils écoutent le professeur qui raconte une histoire. Rien de bien spécial jusqu'ici. Mais voici autre chose: Maria est en chaise roulante. Elle ne parle pas et ne peut manger seule. Son dossier affirme qu'elle est "profondément" handicapée physiquement et intellectuellement. Maria devrait-elle se trouver dans cette classe? Qu'est-ce qu'elle apprend? Les autres enfants reçoivent-ils moins d'attention à cause de la présence de Maria? Aimeriez-vous que Maria se trouve dans la même classe de première année que votre enfant?

Grâce a un projet incluant la participation de deux écoles de Toronto, Maria fut intégrée dans une classe appropriée à son âge tout en recevant le soutien adéquat. Tout le monde était nerveux. L'enseignante avait des craintes. Connaissait-elle assez de techniques "spéciales" pour aider Maria? Les parents s'inquiétaient. Maria serait-elle bien accueillie, acceptée ou ridiculisée? Le directeur de l'école se posait des questions. Les autres parents allaient-ils se plaindre à la moindre occasion?

En moins d'une semaine, toutes les craintes s'envolèrent alors que Maria conquérait tout le monde grâce à sa personnalité et son charme uniques. Elle montra à tous qu'elle était d'abord et avant tout une enfant. Deux ans plus tard, Maria est passée dans les classes supérieures avec ses camarades. Tous les enfants vont bien, mais l'effet qu'a eu Maria sur la collectivité scolaire en entier est le point clé.

Le second exemple, Félicia âgée de neuf ans fréquente une école pour jeunes déficients physiques et intellectuels. Elle s'y trouve depuis l'âge de cinq ans. II y a six autres enfants avec elle. Aucun d'entre eux ne communique par la parole. Aucun d'entre eux ne peut manger de façon autonome. Ils ont tous besoin d'aide pour aller à la salle de bain. Ils n'ont aucun contact.

Un jour, les experts dirent aux parents de Félicia ''ne pas trop se faire d'idées" et d'être réalistes. On leur suggère même fortement de la placer en institution ce parce qu'elle ne comprendrait ni ne sentirait jamais rien". Au lieu de cela, ils gardèrent Félicia a la maison. Leurs doutes et leurs questions se firent plus pressants. Et qu'est-il advenu de Félicita? Elle fréquente maintenant une école et fait partie d'une classe régulière de quatrième année.

Source Éducation Intégration, G. Allan Roeher lnstitute

De plus, il existe dans certaines écoles secondaires des expériences de parrainage ou de jumelage entre les étudiants du dernier cycle et les étudiants ayant une déficience physique ou intellectuelle. A l'intérieur d'une démarche volontaire, on leurs demandent, s'ils sont intéressés à se jumeler à leurs confrères vivant avec un handicap et de les accompagner à travers toutes les activités relatives de l'école (petit atelier de travail, activités parascolaire et sociale également au niveau académique). En s'impliquant ainsi l'étudiant volontaire apprend à découvrir l'autre dans sa différence, son potentiel, ses qualités et ses faiblesses, ce qui entraîne immanquablement, la chute des barrières causées par l'ignorance, procurant ainsi aux deux groupes, l'élargissement du tissus social de l'école.

L'expérience se déroule dans une école primaire de Montréal. Les parents d'un jeune garçon, ayant une déficience visuelle, réalisent plusieurs démarches afin de trouver l'école qui leur permettrait d'intégrer en classe régulière, leur enfant. La direction de cette école primaire a accepté, avec toute la responsabilité qui lui incombe, d'intégrer le jeune homme en maternelle et en acceptant par, le fait même toutes démarches d'intervention d'un éducateur spécialisé, rattaché à une institution reconnue.

II va de soi que dès le départ, l'enseignant faisait partie de tout le processus d'intégration et que les autres intervenants de l'école étaient invités à participer à cette démarche.

Comme tout changement à l'intérieur d'un ''système", il est humain de se questionner et de se repositionner en rapport avec les tâches que nous devons réaliser. L'enseignant a entrepris cette nouvelle responsabilité comme un défi, tout comme il a dû le faire avec les autres élèves de sa classe, c'est-à-dire de prendre les moyens nécessaires pour que tous réussissent leur année scolaire. Ces moyens sont nombreux: agencement de la classe, évaluation de la portée visuelle de l'élève, changement dans la façon d'utiliser le tableau, être attentif aux besoins du garçon mais non pas au détriment des autres élèves, participation à des rencontres multidisciplinaires.

Les parents ont demandé également, s'il était possible qu'une jeune élève de 6e année aide leur enfant lors de la période de l'étude. Pourquoi, direz-vous, demander la participation d'une camarade d'école? C'est que la jeune fille avait déjà des responsabilités auprès du groupe de maternelle et que le jeune garçon l'appréciait beaucoup. Cette demande était très légitime en soi, car le parent a également une incapacité visuelle donc, il est très difficile pour lui d'aider son enfant à la réalisation de ses leçons et de ses devoirs dès le retour à la maison. Au grand étonnement de tous, le jeune garçon accompagner, de son amie de 6e année a réalisé des progrès en lecture et en écriture. Ce qui est intéressant dans cette démarche, c'est que les deux jeunes gens ont développé, ensemble, une intégration socialisante. Bref, avec l'appui de tous ceux qui entouraient le jeune vivant avec une différence, l'intégration en classe régulière a été une réussite à tous les points de vue.

Nous avons appris également que l'enseignant, tout comme l'ensemble de l'école, a démontré une grande disponibilité à vouloir répondre aux attentes de la famille, de l'intervenant spécialisé et du jeune homme afin que cette démarche se réalise avec succès et sans trop de démonstration. L'intégration a été concluante car le garçon débutera sa première année en septembre prochain. II est facile de croire que la jeune fille de 6e année a cheminé durant cette période en côtoyant son petit copain. Tous deux se rappelleront longtemps de l'année 95/96, imaginer le reste...

J'entends et j'oublie, je vois et je me rappelle, je fais et je comprends. Proverbe chinois

Objectif: l'intégration

Depuis plusieurs années, le principe de l'intégration scolaire des élèves vivant avec une déficience intellectuelle ou physique, fait l'objet de vives discussions. Deux courants se confrontent; les uns considèrent que l'intégration scolaire dans une école de quartier et dans une classe régulière est l'endroit privilégié à l'apprentissage et à l'intégration sociale, alors que l'autre groupe pense que la classe et l'école spéciale correspondent le mieux à leurs besoins. Ce débat a pour conséquence que l'on ne reconnaît pas aux élèves les mêmes droits partout au Québec.

En 1989, le gouvernement du Québec met en application la loi sur l'instruction publique. Cette loi reconnaît formellement l'importance de favoriser et de préparer l'insertion sociale des élèves au même titre que l'acquisition des connaissances et offre de nouveaux lieux de participation aux parents élèves handicapés ou en difficultés, dans école et la commission scolaire.

Mais son application est encore loin d'être achevée. Les parents ont donc tout intérêt à connaître les articles de la loi qui leurs donnent du pouvoir et confirment leurs droits. Les parents doivent eux aussi veiller à ce que la loi sur l'instruction publique s'applique pleinement. Avoir comme objectif l'intégration scolaire est légitime en soi comme parents. Mais la route reste longue et à plusieurs occasions difficiles d'accès pour plusieurs parents qui n'ont pas tous les mêmes facilités à se faire entendre.

C'est au moment ou la décision d'intégrer l'enfant handicapé dans une classe régulière se prendra qu'il faudra des intervenants qui accompagneront le jeune et les parents dans leurs démarches pour l'inscription à école du quartier. Vous êtes à même de constater, quelques fois, pourquoi certains parents peuvent être harassés et manquer de tolérance à l'égard d'une certaine bureaucratie.

Pour aider les parents dans leurs démarches il existe depuis 1978 l'Office des Personnes Handicapées du Québec (OPHQ). Cet organisme depuis sa création, joue et continue à jouer un rôle important dans la promotion de l'intégration, non seulement au niveau scolaire mais également dans toutes autres sphères d'activités. Au niveau de l'éducation, l'Office a permis, en finançant directement des services, de prouver que l'intégration scolaire était possible et cela, quelque soit la déficience de l'élève. Toutes ces réalisations, ces débats, ces énoncés n'ont qu'un seul but: faire en sorte que notre société reconnaisse le droit à des gens vivant avec une différence qu'ils puissent être autonomes et décideurs, comme toutes les autres personnes formant la société.

Désormais, l'entière responsabilité financière de l'intégration des élèves handicapés repose sur les commissions scolaires. L'Office des personnes handicapées ne participe plus au financement des services éducatifs que les commissions scolaires se disaient incapables de payer.

L'OPHQ continuera de conseiller et de soutenir les parents et la jeune personne handicapée qui désirent obtenir de meilleurs services. Le transfert du programme financier de l'OPHQ au ministère de l'Éducation, bien qu'il permet de responsabiliser les commissions scolaires, ne garantit pas que ces dernières vont maintenir le cap sur l'intégration. Plus que jamais, l'initiative appartient aux commissions scolaires.

Stimulation précoce

Les objectifs reliés à la stimulation précoce sont d'aider l'enfant handicapé dans ses acquisitions ponctuelles, de veiller à son épanouissement et d'aider les parents à inventer un rôle difficile (celui de parents d'un jeune ayant une déficience et d'intervenants avec plus ou moins d'expérience) dans une démarche commune et quelques fois hésitante. Serait-il illusoire de croire que la collectivité dans laquelle ils y vivent soit un élément positif important afin que l'enfant trace lui-même ses pas dans la communauté? Nous croyons que non, car tous ceux qui entoureront le jeune sont des éléments favorables à son intégration.

Vous savez, à titre de parents et dans l'attente d'un nouveau-né, combien de questions viennent à l'esprit, tout en imaginant plusieurs scénarios pour l'avenir des enfants. Plus ils grandissent, plus les parents vivent certaines inquiétudes à leurs sujets. Imaginez lorsqu'ils apprennent que leur enfant est handicapé. Toutes les questions posées ne trouveront pas réponse. L'enfant pourra-t-il seulement participer à quelques scénarios projetés? Pour toutes ces raisons, les parents vivent certainement encore plus inquiétudes et d'insécurités au sujet de leurs enfants. II y a même un risque que s'installe un inconfort familial. Jusqu'au moment où ils constatent que leur enfant handicapé peut progresser aussi rapidement que les autres lorsque intègre en milieu normalisant, c'est-à-dire a la garderie ou a l'école primaire où le développement de l'individu est pleinement favorise.

Les enfants y vivent dégagés des tensions du milieu familial et acquièrent leur autonomie. Les mères se retrouvent une nouvelle disponibilité pour l'entourage, retrouvent également leurs activités professionnelles, sources d'avantages économiques et psychologiques.

Il est important de mentionner que ce n'est pas tous les enfants qui s'adaptent à l'intégration. Parmi les enfants vivant avec un handicap, il en existe à qui il ne faut pas imposer de situations dans lesquelles ils ne sont pas à l'aise, au nom de bénéfices pressentis par des intervenants, spécialistes ou par les parents eux-mêmes.

Si l'enfant demeure isolé, passif, sans place ni rôle à l'intérieur du groupe, si les efforts qu'on lui demande sont démesurés, s'installe alors un risque de double handicap pour l'enfant. I1 faut se montrer patient et observateur, lui faire vivre des expériences relativement faciles au début, afin qu'il soit progressivement possible pour lui de vivre des expériences qui entraîneront la volonté de participer à des activités tel que l'école, le travail, le loisir et plusieurs autres. C'est le principe des petites victoires qui suscite le désir de continuer pour les parents, et augmente l'estime de soi chez l'enfant.

Les débuts de la scolarisation

La classe maternelle est sûrement le lieu privilégié à la socialisation et à l'éveil pour un jeune enfant. Elle dispense également tous les apprentissages préparant à l'entrée au premier cycle du primaire.

Beaucoup d'enfants, avant même l'âge scolaire, sont stimulés à la maison et initiés à l'écriture et à la lecture. Par contre, pour les enfants ayant une déficience, il est règle générale, plus difficile pour les parents, de les stimuler dans tous les domaines. Ils doivent réaliser des programmes de stimulation reliés au plan d'intervention, ce qui permet plus facilement d'évaluer la progression de l'enfant. En ce qui concerne l'intégration à la maternelle, il est aussi vrai pour les enfants dits "normaux" et sûrement plus pour ceux ayant une déficience, que ce moment peut-être déchirant pour tous, car c'est possiblement la première et véritable séparation d'avec les parents. C'est encore plus difficile pour celui qui doit quitter un milieu où il a été un centre d'intérêt particulier. Mais, il demeurera sans contredit, l'un des milieux les plus stimulant où l'enfant pourra se sentir bien et le temps passé à la maternelle sera, pour lui et pour et ses compagnons, un endroit où on favorise pleinement l'autonomie, la créativité et également la relation avec les autres. Malgré tout cela, pour certains enfants déficients, ils auront besoin de tout le support possible car il prendront vite conscience de leur différence et de certaines de leurs limites, ce qui peut s'avérer une étonnante épreuve. Mais il n'en demeure pas moins que l'intégration en milieu régulier est le plus propice puisque les enfants posent rarement un regard négatif ou menaçant mais plutôt un regard interrogateur vers l'enfant handicapé.

Nous pouvons conclure cette section en réalisant que quel que soit l'anomalie, la déficience révélée, le moment de la révélation pendant la grossesse, à la naissance ou plus tard, c'est toujours un dur coup. Ce moment reste à jamais gravé dans la mémoire des parents. Nous insistons sur le fait que l'intégration sociale des enfants vivant avec une déficience ne se résume pas à leur admission à l'intérieur de milieux de vie normalisant. Mais il faut préciser que pour les petits enfants l'accueil dans ces milieux de vie doit être le moins restrictif possible afin de favoriser leur éveil, leur éducation et leurs relations avec les autres. Quand l'enfant fait sa place au sein de la communauté, c'est plus souvent quand les objectifs précis ont été énoncés et reconnus par tous.

Pour les spécialistes et les intervenants de tous les milieux pas de recettes miracles, pas de slogan. II nous faut trouver pour chaque situation, les moyens de rendre la communication plus aisée entre tous les acteurs du projet de vie de l'enfant et de la famille. Si l'on pense à l'enfant lui-même, il est évident qu'il sera mieux compris dans les multiples dimensions de ses besoins, s'il est suivi précocement.

CHAPITRE 2

Comment se crée le handicap

Classer les handicaps, ce n'est pas classer les personnes mais les facteurs de production du handicap, afin d'intervenir sur le milieu et l'organisation des ressources pour corriger cette résistance sociale envers la différence. C'est ici que l'on peut parler de changement socioculturel, de transformation des conditions d'intégration des personnes ayant des déficiences et des incapacités sur le plan collectif de la participation sociale.

Plusieurs raisons nous poussent à nous centrer sur l'handicap d'une personne les premières fois que nous travaillons ou socialisons avec une personne ayant une déficience. L'ignorance, la peur de l'échec, le temps et l'énergie qu'il faut lui consentir au besoin et la crainte du rejet ne représentent que quelques unes de celles-ci.

L'handicap chez une personne, n'est pas toujours relié à une déficience en particulier, mais plutôt aux préjugés et aux regards que l'on pose sur elle. Cela peut également être connexe à une approche trop complaisante avec un élève vivant avec une déficience, c'est-à-dire être trop attentif à ses moindres désirs, entre autres en lui permettant des actions ou comportements non appropriés et cela, au détriment des autres. Le même phénomène semble se réaliser avec des élèves surdoués lorsque le pédagogue se concentre uniquement sur lui, sur ses besoins. En lui accordant autant d'intérêt, l'enseignant établit une différence entre le jeune handicapé et ses compagnons de classe. Celle-ci, maintenant apparente pour les autres élèves, exclue le jeune des activités ou l'interaction s'avère nécessaire.

L'handicap, ne s'associe pas nécessairement au type de déficience mais plutôt aux contraintes de la vie courante, que cela soit dans l'entourage de la personne, à son école, à son travail, à certaines barrières architecturales (pas de rampe pour les fauteuils roulants, tableau d'indication dans les ascenseurs souvent trop haut ou encore sans renseignements en braille pour les personnes non-voyantes, etc..) et surtout face à la réaction de la population. Celles-ci prennent régulièrement plusieurs facettes; pitié, fuite au niveau du regard, moquerie, langage ridiculisant et même dégradant à leur endroit. II y a plusieurs années, ailleurs comme ici, plusieurs termes péjoratifs comme infirme, débile, aliéné, fou, anormal et invalide ont été employés afin de décrire un individu vivant avec une différence apparente. Nous devions, plus tard, avec le changement d'attitude, considérer cette collectivité comme des personnes à part entière.. Ce bouleversement de perception a d'ailleurs donné lieu à la création d'un article de loi. La Loi assurant l'exercice des droits des personnes handicapées, définit la personne handicapée comme: "Toute personne limitée dans l'accomplissement d'activités normales et qui, de façon significative et persistante, est atteinte d'une déficience physique ou mentale ou qui utilise régulièrement une orthèse, une prothèse ou tout autre moyen pour pallier son handicap."1

L'objectif du milieu de l'éducation demeure sans contredit d'assurer le développement intégral de tout élève et ce, dans ses dimensions tant sociales qu'intellectuelles. Depuis l'entrée en vigueur de la loi sur l'instruction publique (loi 107) en juillet 1989, l'on reconnaît formellement l'importance de favoriser et de préparer l'insertion sociale des élèves au même titre que l'acquisition des connaissances.

Dans cette optique, le milieu de l'éducation doit offrir aux élèves handicapés comme à tout autre élève les conditions optimales afin de favoriser ce développement.

La diffusion, la discussion et l'adoption de ces définitions pour leur application pratique dans tous les domaines et plus particulièrement à l'école, conditionnent l'efficacité des interventions et l'harmonisation des politiques proposées. Elles permettent de formuler des objectifs clairs, définir les mandats et responsabilités de chaque instance dans le respect des niveaux d'intervention et des personnes concernées. Elles montrent une perspective d'ensemble qui est essentielle à la réalisation des incapacités et de la mise en place des conditions d'intégration sociale des personnes handicapées.2

La distinction entre une attitude réaliste et une attitude faitiste est très subtile et pourtant cruciale. Un étudiant qui ne tente pas sa chance dans l'équipe de basket-ball parce qu'il est trop petit fait-il preuve de réalisme ou de défaitisme? Lorsqu'un enfant incomparable est intègre dans une école, on remet régulièrement en question ces deux attitudes. Il est malheureusement souvent trop facile de dire ce n'est tout simplement pas réaliste de pouvoir intégrer un élève handicapé ou exceptionnel.

La simple idée d'avoir dans son école ou dans sa classe un élève handicapé physiquement ou intellectuellement s'avère peu réaliste pour plusieurs directeurs et enseignants. Une grande anxiété de leur part peut même en résulter. Et pourtant, ils ignorent qu'il existe des intervenants, des organismes qui peuvent les orienter, les informer et assurer un suivi ponctuel. Souvent une adaptation mineure de la classe permettrait d'accueillir l'élève exceptionnel, ainsi les enseignants augmentent considérablement la possibilité de surmonter un problème spécifique d'accueil. De plus, l'enseignant qui se dit d'avis que l'intégration d'un certain étudiant semble impossible porte du même coup un jugement sur la situation et s'oblige à maintenir l'importance de celui-ci.

Que la vraie personne handicapée se lève !

Nous devons prendre conscience que notre façon d'agir avec les personnes handicapées est tout d'abord déterminée par nos valeurs. Celles-ci se reflètent dans notre langage et dans la signification que nous accordons aux mots. Permettez-nous de vous fournir un exemple de cette idée. Généralement une classe regroupe une vingtaine d'élèves, et quand il arrive un petit nouveau cela risque de "chambarder" une certaine organisation.

En terme d'intégration, les difficultés apparaissent généralement lorsqu'un problème quelconque surgit dans une situation donnée. La situation type se définie habituellement dans une classe de 25 élèves auxquels l'enseignant doit enseigner un programme dans une période fixe (durée). Le problème se présente après quelques semaines du début des classes, lorsque le directeur vous annonce "on a un nouvel élève pour vous. II est déficient intellectuel, il est autistique ou encore il a beaucoup de difficulté avec sa vue". Nous pouvons supposer alors, qu'il n'y est pas eu beaucoup de concertation entre le directeur et l'enseignant afin d'intégrer le jeune élève.

Imaginons un peu que nous modifions les règles. Nous définirons la situation dans une classe de 26 élèves dont l'un présente des besoins spécifiques, soit un programme scolaire à enseigner dans une période de temps fixe. Le problème devient le suivant: école n'a jamais été organisée pour accommoder un élève exceptionnel (incomparable) dans une classe régulière. Par conséquent, plutôt que de concentrer notre attention sur l'handicap de l'enfant et d'essayer de rassembler toutes les personnes ressources possibles pour travailler avec lui, nous commençons à comprendre jusqu'à quel point c'est l'environnement qui est handicapé et combien il est important de concentrer les ressources sur ces handicaps qui sont moins évidents.

Plutôt que de se demander comment peut-on guérir l'enfant handicapé. Nous devrions s'interroger sur les limites architecturales de l'édifice et à la façon d'y remédier. Mais plus encore, l'ensemble des intervenants doit s'interroger sur la manière que les élèves de la classe et de l'école accueilleront leur nouveau compagnon handicapé.

L'enseignant devrait intervenir auprès de ses élèves avant même d'entreprendre quoi que ce soit avec le jeune handicapé, car se sont eux qui formeront le nouveau tissus social de l'élève vivant avec une différence.

Comme enseignant, si je veux intervenir dans ce sens, je dois m'interroger à savoir: Comment suis-je moi l'enseignant, en regard de l'intégration d'un élève handicapé dans ma classe. Est-ce que mes attitudes sont généralement différentes des autres concernant les personnes handicapées? Ma convention collective freine-t-elle mes convictions au sujet de l'intégration? Est-ce que j'ai des craintes sur mes expériences et ma formation d'enseignant? Est-ce que je suis à la hauteur d'une telle responsabilité, d'accueillir un élève handicapé? Toutes ces questions ne sont pas illégitimes, mais sûrement reliées à la méconnaissance des personnes handicapées et sur leur potentiel. Et le moyen privilégié afin que les enfants et les différents intervenants de l'école aient un changement d'attitude à l'égard des personnes handicapées, serait de les sensibiliser aux différentes formes d'incapacité et aux attitudes qu'a la société à l'égard des personnes handicapées.

Intégrer un enfant ayant une déficience à l'école du quartier peur s'avérer un cheminement complexe, ou parents, école et intervenant en réadaptation doivent collaborer afin de mettre en oeuvre les conditions nécessaires à sa réussite. Pour y parvenir, plusieurs étapes sont à franchir, soit l'inscription du jeune à l'école, l'identification de ses besoins particuliers et des services pour y répondre, sa préparation à l'entrée à l'école, celle de ses parents et enfin, celle du milieu scolaire.

L'enfant ayant une déficience qui se retrouve à l'école pour la première fois fait face à tout un défi. La réussite de son intégration, de sa scolarisation, de son adaptation scolaire et sociale, dépend de lui, comme tout élève débutant ses classes, mais également de tous ceux qui l'entourent. Depuis que les gouvernements ont revissé la Loi sur l'instruction publique en juin 1991, l'école dispose d'outils précis pour fournir ce support.

Effectivement, le CEHDAA (Comité d'Élève Handicapé ou en Difficulté d'Adaptation et d'Apprentissage), les plans d'intervention et de services sont des outils privilégiés pour la concertation de tous les intervenants impliqués et pour orienter les actions de chacun. II est important que tous collaborent afin de connaître le rôle et les mandats de chacun et ce pour un temps clairement identifié. Nous devons souhaiter que le processus soit généralisé et que le réseau scolaire définisse l'assurance de la collaboration du milieu de réadaptation.

Tous ceux qui travaillent auprès de l'enfant vivant avec une déficience ont besoin d'informations et de connaissances pour intervenir avec efficacité. Observables, les réticences et l'insécurité sont souvent dues à un manque de renseignements sur la déficience. II en est de même pour le désir de normalisation qui doit respecter les besoins spécifiques. Les organismes de promotion tel l'APHRSO jouent un rôle de catalyseur à ce niveau, en collaborant avec le milieu scolaire et celui des intervenants en réadaptation. Notre collaboration s'étend aux:

Directions d'écoles:

En leur donnant toute information et référence concernant les outils disponibles afin de permettre au futur élève ayant une déficience de s'intégrer plus facilement dans son nouvel environnement. Des ateliers de sensibilisation sont offerts qui serviraient non seulement aux enseignants, mais aussi aux élèves de tous les niveaux du primaire.

Enseignants:

Ceux-ci doivent être sensibilisés aux différentes déficiences, et valorisés pour leurs observations. Ils doivent (si la situation l'exige) recevoir des visites régulières pour un support concret d'un enseignant itinérant (il en existe en déficience visuelle, physique, intellectuelle et auditive) ce qui peut les aider dans la réalisation d'objectifs spécifiques.

Parents:

Afin qu'ils connaissent les mécanismes les services et ressources disponibles dans leur milieu scolaire. Ils pourront ainsi entreprendre des démarches mieux éclairées et efficaces ainsi que participer activement aux discussions relatives à l'intégration scolaire de leur enfant.

CHAPITRE 3

Description des différents types de déficiences

Qu'est-ce qu'une déficience?

La déficience est une perte, une malformation ou une anomalie d'un organe, d'une structure ou d'une fonction mentale, psychologique, physiologique ou anatomique. Elle est le résultat d'un état pathologique, observable, mesurable et pouvant faire l'objet d'un diagnostic. Plus de 7.6% (environ 486,000 personnes) de la population du Québec vit avec une déficience, qu'elle soit physique, sensorielle ou intellectuelle. Nous pouvons les classifier en sept catégories principales:

· Intellectuelle

· Du langage et de la parole

· Auditive

· Visuelle

· Motrice

· Organique

· Psychique ou émotionnelle

Certaines personnes peuvent être affectées d'une ou plusieurs déficiences. Chaque catégorie a des types de déficiences très diverses, tant par leurs causes que par leurs manifestations ou par leur degré de limitations qu'ils comportent. II ne faut donc pas se fier à une description type puisque ses effets varient en fonction de plusieurs facteurs:

· Le potentiel de la personne

· L'attitude de son entourage

· La gravité de la lésion

· Son caractère

· La stimulation qu'elle a poursuivi

· Les ouvertures qui lui sont offertes pour tirer le meilleur parti de ses possibilités et pour orienter sa vie selon ses goûts et ses intérêts.

Ainsi, deux personnes non-voyantes peuvent avoir un potentiel complètement différent et fonctionner plus ou moins aisément dans la société seul leur déficience est commune. Cela semble très évident, comme remarque, mais elle est nécessaire car on entend trop de jugements hâtifs et généralisateurs sur les personnes handicapées ou sur leurs possibilités qu'aucun de nous aurait l'idée de formuler s'il s'agissait de personne non-handicapée.

Pour bien comprendre pourquoi une personne est handicapée, il s'agit de distinguer deux éléments qui sont relié entre eux: Les causes et les déficiences.

LES CAUSES

Elles sont multiples et souvent inconnues. Elles peuvent être d'origine:

· Pathologiques

· Traumatiques

· Psychoaffectives

Pathologiques:

Maladie congénitale transmise à l'enfant par la mère. Ex: rubéole, maladie génétique ou héréditaire.

Trisomie 21, incompatibilité sanguine, séquelle d'une maladie infantile. Ex: Méningite,

poliomyélite.

Traumatiques:

Accident, chute, utilisation de forceps a la naissance, suffocation.

Psychoaffectives

L'environnement de l'enfant, milieu pauvre en stimulations, milieu abusif.

Quelques exemples:

Cause: suite à un accident d'automobile, une personne est amputée d'un bras.

Déficience: perte d'un membre

Cause: Dans les années 50, un médicament, la thalidomide, a occasionné une influence néfaste sur le foetus et engendré des malformations congénitales.

Déficience: Membres atrophiés

Cause: Suite à un incendie, une personne est gravement brûlée au visage.

Déficience: Visage déformé, cécité

Cause: Présence d'un chromosome supplémentaire.

Déficience: Syndrome de Down, trisomie 21.

Comment comme enseignant puis-je répondre aux besoins de mon élève handicapé?

L'élève ayant une déficience intellectuelle:

La plupart des recherches effectuées pour analyser le meilleur mode d'intervention n'arrivent pas à démontrer la supériorité de la classe spéciale par rapport à la classe ordinaire. II y est démontré que lorsque l'enseignement individualisé est utilisé en classe régulière, le rendement scolaire des enfants ayant une déficience intellectuelle est supérieur à celui des enfants en classe spéciale. De plus le développement social et affectif des enfants se développe plus rapidement, contribue à être accepté par ses pairs et apporte le sentiment de compétence ou encore le degré de satisfaction de l'élève envers l'école.

L'élève ayant une déficience visuelle:

La présence d'un enfant ayant une déficience visuelle en classe demande souvent quelques adaptations.

En début d'année scolaire et même à la fin de l'année précédente, l'enseignant devrait recueillir toutes informations sur les besoins qui faciliteront ses interventions, assurant ainsi une meilleure intégration de l'élève dans la classe. Cette collecte de connaissances peut-être obtenue auprès de l'enseignant itinérant, des intervenants déjà concernés, des parents et même de l'élève lui-même. En classe, il faut d'abord s'acquérir du système utilisé, le braille ou le caractère noir (logiciel spécialement conçue pour les personnes ayant une déficience visuelle), se renseigner sur certains autres outils:

télescope, télévisionneuse, loupe, calculatrice sonore etc....

L'élève ayant une déficience auditive:

L'enfant ayant une déficience auditive a les mêmes besoins que tout autre enfant. Voici un exemple de cueillette d'information que vous pouvez faire: Quel est le degré de surdité de l'enfant? Quels sont les implications de cette surdité sur sa compréhension du langage parlé, à deux ou en groupe? L'enfant éprouve-t-il des difficultés particulières dans les matières scolaires? Quels sont les services qui lui sont nécessaires: enseignant itinérant ou orthophoniste? Existe-t-il un plan de services?

N.B. lorsque l'enfant bénéficie d'un service d'itinérance, les enseignants itinérants sont généralement en mesure de fournir les informations nécessaires à l`enseignant et d'organiser, s'il y a lieu. une rencontre de sensibilisation avec les élèves.

L'élève ayant une déficience physique:

En classe, les besoins de chaque élève ayant une déficience physique varient, et l'enseignant doit prendre en considération comme toujours la situation personnelle de chacun. Compte tenue de ces différences importantes d'un élève à l'autre, il importe de recueillir les informations suivantes: sur la nature de l'handicap, sur la médication et ses effets secondaires, sur les restrictions dans les activités et sur les interventions d'urgence. II faut s'enquérir du niveau de communication (l'utilisation possible du Bliss: plaque où on y retrouve des pictogrammes relatifs à la communication et aux activités, des formules d'écriture de l'enfant, des modalités de transport (l'aide requise s'il y a lieu) et les besoins concernant l'hygiène, l'alimentation et le positionnement. Il serait utile de pouvoir se familiariser avec l'équipement nécessaire. De plus, il est quelquefois approprié, lorsque l'enfant emploie un fauteuil roulant ou des appareils orthopédiques, d'apporter certaines adaptations à l'école ou à la classe.

Concernant celles-ci, non seulement faut-il penser à un espace suffisant pour permettre au fauteuil roulant d'être déplacé, mais encore faut-il penser à la hauteur des tables, des tableaux et des étagères. L'école, quant à elle, doit s'assurer de l'accès du fauteuil roulant et adapter les toilettes. Si la classe est à l'étage supérieur, mieux vaut la déplacer vers le rez-de-chaussée (cela serait moins onéreux).

Les besoins des élèves ayant une déficience sont forts variés. Il est impossible ici de décrire toutes les adaptations nécessaires à l'intégration scolaire, car celles-ci fluctuent en fonction des besoins de chaque élève.

CHAPITRE 4

Informer l'enseignant sur les aides disponibles

Rôle des personnes ressources à l'intégration.

Le rôle des enseignants dans le processus d'intégration est évidemment capital particulièrement en ce qui a trait aux enseignants des classes régulières. Ces professeurs dans ce genre de situation, voient moins les faiblesses et les différences que ceux des classes ségréguées.

I1 y a cependant une condition essentielle à respecter afin que les pédagogues jouent adéquatement leurs rôles dans les processus d'intégration; ils doivent être encouragés et appuyés. Ils ont besoin de savoir qu'ils bénéficieront de l'assistance nécessaire pour régler certaines situations. L'intégration demande de l'attention, du temps et de la réflexion mais tous les professeurs diront que cela en font de meilleurs enseignants.

Pour réussir à transmettre adéquatement leur pédagogie et ainsi aider à la réussite d'une intégration scolaire, plusieurs intervenants se partagent les responsabilités. Vous serez avantagé si vous savez qui peut vous aider et comment vous pouvez entrer en contact avec eux.

Ce qui suit pourra vous être utile dans la démarche d'intégration d'un élève ayant une déficience. Il y a sûrement des services professionnels que vous connaissez déjà, d'autres un peu moins. Alors, cela vous aidera comme aide mémoire puisque vous trouverez ci-joint une liste de professionnels qui sont déjà rattachés aux commissions scolaires et/ou dans les écoles sous la rubrique Services internes. Vous trouverez également sous la rubrique Services externes une liste d'organismes et d'institutions oeuvrant auprès des personnes ayant une déficience physique, auditive, visuelle et intellectuelle, situés dans la Montérégie et dans le grand Montréal.

Les services internes disponible dans le réseau scolaire

L'enseignant itinérant

En collaboration avec l'enseignant titulaire, l'enseignant itinérant fourni un support dans les matières scolaires. Il intervient également sur le plan personnel et social auprès de l'élève. II contribue à développer les capacités de l'enfant. Il organise des rencontres avec l'élève.

Le rôle de l'enseignant itinérant est de rendre effective l'intégration de l'élève malentendant ou ayant une déficience visuelle, déficience physique (motricité) et même un élève ayant une déficience intellectuelle à l'école régulière, c'est-à-dire de l'aider à participer activement à la vie scolaire et sociale de son école. L'enseignant itinérant, règle générale, est rattaché à une commission scolaire et parcourt les différentes écoles du territoire. Bien souvent, l'implication de l'enseignant itinérant est un service qui est offert en réalisant le plan de service individualisé.

· Fournir un enseignement personnalisé et adapté à l'élève ou à un petit groupe d'élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation et d'apprentissage;

· Soutenir l'enseignement dans l'adaptation de sa pédagogie et surtout du matériel à utiliser en classe;

· contribuer à l'adaptation de l'enseignement apporté à chacun des élèves.

· Son lieu de travail: une ou plusieurs écoles de la commission scolaire.

L'orthopédagogue

· Fournit une aide individuelle ou de groupe aux enfants qui ont des difficultés d'apprentissage en utilisant des techniques particulières d'enseignement ou d'activités de rééducation;

· Assiste l'élève en difficulté d'adaptation et d'apprentissage, principalement dans les matières de base (français et mathématiques).

Son lieu de travail: une ou plusieurs écoles de la commission scolaire.

L'orthophoniste

· Évalue la nature des difficultés de l'élève en communication verbale, parole et langage et propose des interventions;

· Informe et habilite les parents et les autres intervenants au niveau des attitudes et des moyens à prendre pour l'enfant à mieux communiquer;

· Collabore avec l'enseignants à l'application et à l'élaboration des programmes d'études.

Son lieu de travail: une ou plusieurs écoles de la commission scolaire. Certains orthophonistes en milieu scolaire sont rattachés à un centre d'adaptation et/ou de réadaptation.

Le conseiller à l'adaptation scolaire

· S'assure que les écoles connaissent et respectent les normes d'organisation des services aux élèves handicapées ou en difficulté d'adaptation et d'apprentissage;

· Informe la commission scolaire des nouveaux besoins;

· Cherche des moyens pour répondre aux besoins des élèves handicapés et en difficulté d'adaptation et d'apprentissage de sa commission scolaire;

· Obligatoire dans chaque commission scolaire selon l'article 265 de la Loi 107;

Son lieu de travail: Commission scolaire. À l'occasion, il se déplace dans les écoles et participe à l'élaboration des plans d'intervention en services éducatifs.

Les Ressources psychosociales (travailleur social, psychologue, psychoéducateur, organisme de défense des droits et de promotion)

· Supporte le développement cognitif et socio-affectif de l'élève; supporte l'élève et sa famille tout au long du cheminement d'intégration scolaire;

· Supporte la famille d'accueil et s'assure de la qualité de l'accueil de l'élève qui doit être hébergé en dehors de son milieu pour fins de scolarisation.

Lieu de pratique: école, CLSC, CSSS (centre de Santé Services Sociaux), Centres de réadaptation et/ou de réadaptation.

L'interprète oral ou gestuel

· Interprète pour l'élève la matière enseignée et les consignes de l'enseignant. Habituellement on retrouve ces intervenants au secondaire, au CEGEP et à l'université.

Lieu de travail: les endroits où l'élève est en situation de groupe et lors des activités scolaires extérieurs.

Les Stagiaires source de solution

Compte tenue des restrictions budgétaires et des futures compressions du MEQ aux Commissions Scolaires, la question se pose: pourrait-on développer la présence des stagiaires (provenant de l'adaptation scolaire, d'éducation spécialisée etc.) et qui pourrait déboucher possiblement sur un emploi à temps plein? Puisque nous demeurons optimistes, il y aura de plus en plus d'élèves ayant une déficience qui s'intégreront dans des classes régulières et notre organisme l'APHRSO assumera un certain leadership de cette démarche, en organisant un groupe de stagiaires désireux de travailler auprès des élèves handicapés.

La version complète de ce document est disponible au coût de 10$, frais de poste en sus.

 

 


 

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